
La vaccination équine représente l’un des piliers fondamentaux de la médecine vétérinaire préventive, permettant de protéger efficacement votre cheval contre de nombreuses maladies infectieuses potentiellement mortelles. Selon les dernières statistiques du Réseau d’Épidémio-Surveillance en Pathologie Équine (RESPE), plus de 85% des chevaux français bénéficient aujourd’hui d’un protocole vaccinal adapté, témoignant de la prise de conscience croissante des propriétaires quant à l’importance de cette démarche préventive. Cette immunisation programmée ne se limite pas à protéger individuellement chaque équidé, mais contribue également à créer une immunité collective essentielle pour préserver la santé de l’ensemble de la population équine. Comprendre les spécificités de chaque vaccin, maîtriser les calendriers de primo-vaccination et respecter scrupuleusement les rappels constituent autant d’éléments déterminants pour garantir une protection optimale de votre compagnon.
Protocole de primo-vaccination chez les poulains de 6 mois à 2 ans
La primo-vaccination constitue une étape cruciale dans la construction de l’immunité du jeune cheval. Cette période sensible nécessite une approche méthodique et rigoureuse, car le système immunitaire du poulain doit apprendre à reconnaître et combattre les agents pathogènes sans l’aide des anticorps maternels, qui diminuent progressivement entre 4 et 6 mois. Le timing de cette première immunisation active détermine en grande partie l’efficacité de la protection future.
Administration du vaccin contre la grippe équine a/equi-2 selon les recommandations RESPE
Le virus de la grippe équine, notamment les souches A/equi-2, représente l’une des principales causes de morbidité respiratoire chez les jeunes chevaux. Les recommandations du RESPE préconisent d’initier la vaccination contre la grippe équine dès l’âge de 6 mois, avec une première injection suivie d’un rappel 4 à 6 semaines plus tard. Cette approche en deux temps permet d’obtenir une séroconversion optimale chez 95% des poulains vaccinés.
L’efficacité vaccinale contre les souches circulantes atteint son maximum 15 jours après la seconde injection. Les études épidémiologiques récentes démontrent que les poulains correctement primo-vaccinés présentent un risque d’infection symptomatique réduit de 80% par rapport aux individus non vaccinés. Cette protection s’avère particulièrement cruciale lors de l’entrée en collectivité ou lors des premiers déplacements du jeune cheval.
Calendrier spécifique pour la vaccination contre le tétanos avec anatoxine tétanique
Le tétanos équin demeure l’une des affections les plus redoutables, avec un taux de mortalité approchant les 90% chez les chevaux non vaccinés. L’anatoxine tétanique, obtenue par détoxification de la toxine produite par Clostridium tetani, constitue le vaccin de référence pour cette pathologie. La primo-vaccination débute idéalement entre 5 et 6 mois, avec une première injection suivie d’un rappel un mois plus tard.
Un troisième rappel, administré 12 mois après la seconde injection, complète le cycle de primo-vaccination et assure une immunité durable. Cette approche tri-phasée permet d’atteindre des titres d’anticorps protecteurs chez 98% des chevaux traités. La persistance de l’immunité antit
ité est ensuite entretenue par des rappels réguliers, généralement tous les 3 à 5 ans, ou de manière anticipée en cas de plaie profonde ou souillée. Chez le jeune cheval, un contrôle rigoureux de ce calendrier est indispensable, car le tétanos peut survenir à la suite de blessures parfois banales, comme un clou de prairie ou une plaie de clôture.
Schéma vaccinal rhinopneumonie équine types 1 et 4 chez les jeunes chevaux
La rhinopneumonie équine, due aux herpèsvirus équins de types 1 et 4 (EHV‑1 et EHV‑4), représente une menace importante dans les effectifs de jeunes chevaux, notamment en structures collectives (élevages, centres équestres, écuries de sport). Ces virus provoquent des formes respiratoires, abortives et parfois neurologiques graves. La primo-vaccination débute généralement entre 5 et 7 mois, en tenant compte de la présence éventuelle d’anticorps maternels qui peuvent interférer avec la réponse vaccinale.
Le schéma classique comprend deux injections à 4 à 6 semaines d’intervalle, suivies d’un rappel 6 mois plus tard pour stabiliser l’immunité. Dans les élevages fortement impactés par la rhinopneumonie équine, certains vétérinaires recommandent des rappels semestriels chez les jeunes chevaux jusqu’à l’âge de 3 ans. Ce protocole intensif permet de limiter la circulation virale et de réduire la fréquence des épisodes de toux, écoulements nasaux et fièvres récurrentes.
Il est important de rappeler que les vaccins disponibles ne suppriment pas totalement l’infection, mais réduisent significativement la sévérité des signes cliniques et l’excrétion virale. En pratique, la vaccination contre la rhinopneumonie équine doit toujours s’intégrer dans un plan global de biosécurité : gestion des nouveaux arrivants, isolement des chevaux fébriles et ventilation correcte des bâtiments. Sans ces mesures d’accompagnement, même le meilleur calendrier de vaccination équine restera insuffisant pour contrôler la maladie.
Timing optimal pour la première injection contre la gourme à streptococcus equi
La gourme, causée par Streptococcus equi subsp. equi, est une infection respiratoire très contagieuse qui touche particulièrement les jeunes chevaux de 1 à 5 ans. Les signes typiques associent fièvre, abattement, écoulement nasal purulent et abcès des ganglions lymphatiques sous-maxillaires. Lorsque la gourme circule dans une écurie, la contamination peut être fulgurante, d’où l’intérêt d’anticiper avec un calendrier de vaccination équine adapté. La première injection est généralement envisagée à partir de 6 à 9 mois, une fois la primo-vaccination grippe–tétanos bien engagée.
Selon le type de vaccin utilisé (intra-musculaire ou intra-muqueux), le protocole de primo-vaccination comprend 2 à 3 injections espacées de 2 à 4 semaines. L’objectif est de stimuler une immunité locale au niveau des voies respiratoires supérieures, première porte d’entrée de la bactérie. Dans les élevages ou pensions ayant déjà connu des épisodes de gourme, il est souvent recommandé de vacciner l’ensemble des jeunes chevaux avant la période à risque, par exemple en fin d’hiver, juste avant la reprise des regroupements et des concours.
La vaccination contre la gourme ne se substitue pas aux mesures d’isolement et d’hygiène, mais elle permet de réduire nettement la gravité des formes cliniques et la durée d’excrétion bactérienne. En concertation avec votre vétérinaire, vous pourrez décider s’il est pertinent d’intégrer ce vaccin au calendrier de vaccinations indispensable de votre cheval, notamment si vous évoluez dans des environnements très fréquentés ou à forte densité équine.
Vaccinations obligatoires pour chevaux de sport et compétition FFE
Chez le cheval de sport, le calendrier de vaccination ne répond pas seulement à un objectif sanitaire individuel : il obéit également à des exigences réglementaires strictes imposées par la Fédération Française d’Équitation (FFE) et, pour certaines disciplines, par les instances internationales. Pour pouvoir participer en toute sérénité à des concours de saut d’obstacles, de dressage ou de concours complet, il est indispensable de connaître ces règles et de planifier les injections en conséquence. Un carnet de vaccination non conforme peut entraîner le refus d’accès au terrain de compétition, voire une disqualification.
Exigences réglementaires FEI pour les concours internationaux de CSO et dressage
Pour les compétitions internationales placées sous l’égide de la FEI (Fédération Équestre Internationale), la vaccination contre la grippe équine est obligatoire et encadrée par un règlement très précis. La primovaccination grippe équine doit comporter deux injections espacées de 21 à 92 jours, suivies d’un premier rappel dans un délai maximum de 7 mois (210 jours) après la deuxième injection. Ce socle de primo-vaccination valide est ensuite complété par des rappels au minimum annuels et, en pratique, le plus souvent semestriels pour maintenir un haut niveau de protection chez les chevaux très exposés.
La FEI impose également un délai de sécurité entre la dernière injection et le début de la compétition : aucun vaccin ne doit être administré dans les 7 jours précédant l’épreuve. Ce laps de temps permet de limiter les risques de réactions post-vaccinales (fièvre, raideur musculaire) susceptibles d’altérer les performances. En cas de doute sur la conformité du calendrier de vaccination équine, mieux vaut faire vérifier le passeport FEI par votre vétérinaire plusieurs semaines avant le départ.
Notons enfin que certaines fédérations nationales, dont la FFE, harmonisent progressivement leurs exigences avec celles de la FEI, en rendant obligatoires non seulement la grippe, mais aussi la vaccination contre la rhinopneumonie pour certaines catégories (jeunes chevaux, circuits d’élevage). Cette tendance renforce l’importance d’un suivi vaccinal rigoureux et anticipé pour tout cheval destiné à la compétition.
Protocole vaccinal grippe équine pour obtention du passeport SIRE
En France, l’identification des équidés et la délivrance du passeport SIRE (Système d’Information Relatif aux Équidés) sont encadrées par l’IFCE. Si la vaccination n’est pas toujours exigée pour l’émission initiale du document, elle devient incontournable dès que le cheval est inscrit en compétition officielle. Pour être reconnu conforme aux règlements FFE, le calendrier de vaccination contre la grippe équine doit suivre un protocole strict dès la primovaccination.
Le schéma FFE prévoit deux injections de primovaccination espacées de 21 à 60 jours, puis un premier rappel entre 5 et 6 mois après la seconde injection. Par la suite, des rappels annuels sont requis, avec un intervalle qui ne doit jamais dépasser 365 jours. En pratique, de nombreux cavaliers optent pour des rappels tous les 6 mois afin de maintenir un niveau de protection optimal, notamment pour les chevaux amenés à voyager fréquemment ou à participer à des rassemblements importants.
Pour que le passeport SIRE soit accepté sur les terrains de concours, chaque injection doit être clairement renseignée par le vétérinaire : date, type de vaccin, numéro de lot et tampon de la clinique. Une mention illisible ou un intervalle de plus de 365 jours entre deux dates de vaccination peut suffire à invalider la participation. C’est pourquoi il est judicieux d’intégrer la mise à jour du passeport à votre organisation annuelle, au même titre que la visite de dentisterie ou le parage.
Délais de carence post-vaccination avant participation aux épreuves officielles
Vous vous demandez souvent combien de temps laisser passer entre un vaccin et un concours ? Ce point est loin d’être anodin. Après une injection, le cheval peut présenter une légère réaction inflammatoire locale, un peu de fatigue voire un épisode fébrile transitoire. Pour préserver à la fois son bien-être et ses performances, il est recommandé de respecter un délai de carence avant toute participation à une épreuve officielle.
La FEI et la FFE imposent un délai minimal de 7 jours entre la vaccination contre la grippe équine et le début du concours. En pratique, de nombreux vétérinaires conseillent un intervalle de 10 à 14 jours afin de laisser au système immunitaire le temps de répondre pleinement au vaccin. Cette précaution permet d’optimiser la protection au moment de la mise en contact avec d’autres chevaux, tout en minimisant l’impact des éventuels effets indésirables sur la locomotion ou l’appétit.
Pour les chevaux particulièrement sensibles, ou lors de l’administration concomitante de plusieurs vaccins (par exemple grippe–tétanos–rhinopneumonie), il peut être pertinent de programmer les injections en dehors des périodes de forte activité sportive. Comme pour un athlète humain avant une compétition importante, un cheval a besoin d’être au mieux de sa forme pour donner son plein potentiel : un calendrier vaccinal équin pensé en amont constitue donc un véritable atout de performance.
Contrôles vétérinaires et vérification du carnet de vaccination en compétition
Lors des concours, les contrôles sanitaires font désormais partie du paysage habituel, notamment depuis les récents épisodes d’épidémies de rhinopneumonie en Europe. À l’arrivée sur le site, un vétérinaire ou un officiel FFE/FEI peut vérifier le carnet de vaccination, contrôler l’identification par transpondeur et s’assurer de la conformité du protocole. Un calendrier de vaccination équine incomplet, des dates incohérentes ou l’absence de signature peuvent entraîner un refus d’accès au parc d’écuries.
Cette vérification ne se limite pas à un aspect administratif : elle permet de protéger l’ensemble des chevaux présents, parfois plusieurs centaines réunis sur un même site. Le vétérinaire peut également effectuer un examen clinique rapide (température, état général, présence de toux ou d’écoulements nasaux) et, en cas de suspicion de maladie contagieuse, recommander l’isolement de l’animal concerné. Cette démarche de précaution est parfois frustrante pour le cavalier, mais elle reste essentielle pour limiter les risques d’épidémie.
Pour éviter les mauvaises surprises le jour J, il est judicieux de vérifier votre carnet de santé au moins un mois avant la saison de concours, et de prendre rendez-vous si un rappel doit être effectué. Vous pouvez aussi photographier les pages “vaccins” et les conserver sur votre téléphone, en cas de perte temporaire du passeport. Là encore, une organisation rigoureuse autour du calendrier de vaccination du cheval vous fera gagner du temps… et vous évitera bien des stress inutiles.
Vaccins spécifiques selon l’environnement géographique et les risques épidémiologiques
Au-delà des vaccinations obligatoires ou fortement recommandées (grippe, tétanos, rhinopneumonie), certains vaccins sont indiqués en fonction de l’environnement, du climat et des risques épidémiologiques régionaux. Un cheval vivant en Camargue n’est pas exposé aux mêmes menaces qu’un équidé de montagne ou de région urbaine. Adapter le calendrier de vaccinations à votre zone géographique permet de cibler les pathologies réellement pertinentes, tout en évitant de surcharger inutilement le système immunitaire de votre animal.
Vaccination contre l’encéphalomyélite de west nile dans les zones à risque méditerranéennes
La maladie de West Nile (ou fièvre du Nil occidental) est une encéphalomyélite virale transmise par les moustiques, qui touchent les oiseaux, les chevaux et l’être humain. Depuis le début des années 2000, plusieurs foyers ont été recensés dans le Sud de la France, notamment dans les régions méditerranéennes et certaines vallées fluviales. Chez le cheval, la maladie se manifeste par des troubles neurologiques plus ou moins graves : ataxie, faiblesse des postérieurs, difficultés à se lever, voire paralysie.
La vaccination contre West Nile est vivement recommandée dans les zones à risque identifiées par les autorités sanitaires (Anses, RESPE, DDecPP). Le protocole de base comporte deux injections à 3 à 5 semaines d’intervalle, suivies d’un rappel annuel, idéalement administré au printemps avant la saison d’activité maximale des moustiques. Certains fabricants proposent des vaccins combinés (par exemple grippe + West Nile), ce qui permet de rationaliser le calendrier de vaccination équine tout en réduisant le nombre de piqûres.
Cette immunisation ne dispense pas des mesures de lutte contre les moustiques : gestion des eaux stagnantes, utilisation de répulsifs, mise à l’abri des chevaux à la tombée de la nuit. On peut comparer la vaccination à un “gilet pare-balles immunitaire” : elle ne supprime pas tous les risques, mais elle offre au cheval une protection décisive en cas de contact avec le virus. Dans les départements régulièrement touchés, négliger ce vaccin expose à des conséquences potentiellement dramatiques.
Protocole anti-rage équine dans les départements classés en zone d’enzootie
La rage est une maladie virale mortelle qui touche l’ensemble des mammifères, y compris les chevaux et l’être humain. En France, des cas sporadiques peuvent encore survenir en lien avec la faune sauvage ou l’importation illégale d’animaux infectés. Dans certains départements ou zones frontalières classés en risque particulier, la vaccination antirabique des équidés peut être rendue obligatoire par arrêté préfectoral, notamment pour les chevaux en contact avec le public (centres équestres, poneys-clubs, structures touristiques).
Le vaccin contre la rage est généralement administré à partir de l’âge de 6 mois, en une injection unique suivie de rappels selon le schéma recommandé par le fabricant (souvent tous les 1 à 3 ans). Pour les déplacements internationaux, certains pays exigent un vaccin rage datant de moins de 12 mois, détaillé dans le passeport, voire accompagné d’un titrage sérologique des anticorps antirabiques. Avant tout voyage à l’étranger, il est donc prudent de vérifier les exigences du pays de destination et d’ajuster le calendrier vaccinal équin en conséquence.
Au-delà de l’aspect réglementaire, la rage représente un enjeu de santé publique majeur. Vacciner un cheval vivant dans une région à risque ou au contact de la faune sauvage (chauves-souris, renards, chiens errants) contribue à la protection de l’ensemble de l’entourage humain. Comme pour une ceinture de sécurité, on espère ne jamais en avoir besoin, mais son absence le jour d’un accident peut avoir des conséquences irréversibles.
Immunisation contre la fièvre du nil occidental en élevage extensif camargue
Les élevages extensifs de Camargue, avec leurs vastes pâturages humides et la présence d’innombrables moustiques, constituent un environnement particulièrement propice à la circulation du virus West Nile. Dans ce contexte, la vaccination des chevaux contre la fièvre du Nil occidental n’est plus une simple option, mais un véritable pilier du plan sanitaire de l’élevage. Les juments gestantes, les jeunes chevaux et les animaux âgés ou immunodéprimés sont les plus vulnérables.
Le schéma vaccinal est similaire à celui recommandé pour les autres zones à risque : deux injections de primo-vaccination à 3 à 5 semaines d’intervalle, suivies d’un rappel annuel. Dans certaines exploitations très exposées, le vétérinaire peut proposer d’avancer le rappel ou d’associer la vaccination à des mesures complémentaires, comme l’installation de filets anti-insectes dans les abris de nuit ou l’utilisation de répulsifs longue durée. Ce “bouclier sanitaire” combiné permet de réduire fortement le nombre de cas cliniques recensés chaque année.
Les études de terrain menées en Camargue ont montré que les chevaux correctement vaccinés présentent une probabilité de développer une forme neurologique divisée par 4 par rapport aux non-vaccinés. Pour un éleveur, intégrer ce vaccin dans le calendrier de vaccination équine revient donc à sécuriser à la fois le bien-être de ses animaux et la pérennité économique de son activité, en limitant les pertes liées aux formes graves ou mortelles de la maladie.
Vaccination préventive contre l’artérite virale équine pour étalons reproducteurs
L’artérite virale équine (AVE) est une maladie infectieuse causée par un arteriovirus, responsable de troubles respiratoires, d’avortements chez les juments gestantes et, surtout, d’un état de porteur chronique chez certains étalons. Ces derniers peuvent excréter le virus dans leur semence pendant des années, constituant ainsi un réservoir silencieux pour l’ensemble de la filière reproduction. La vaccination préventive des étalons candidats à la monte est donc un enjeu majeur pour les haras et les centres d’insémination.
Idéalement, le vaccin contre l’AVE doit être administré chez un jeune étalon séronégatif, avant son entrée en reproduction. La primo-vaccination comporte généralement deux injections à 3 à 4 semaines d’intervalle, suivies d’un rappel annuel. Dans certains stud-books ou pour l’agrément en centre de collecte, la présentation d’un certificat de vaccination à jour et d’un résultat de sérologie ou de PCR négatif est exigée. Le calendrier de vaccins du cheval reproducteur doit donc être planifié plusieurs mois avant la saison de monte.
Une fois qu’un étalon est vacciné, il restera séropositif, ce qui complique parfois l’interprétation des résultats de laboratoire. C’est pourquoi la décision de vacciner doit se prendre en concertation étroite avec le vétérinaire et le haras, en tenant compte de l’historique sanitaire et des exigences des organismes de sélection. Bien géré, ce protocole de vaccination réduit significativement le risque d’introduire ou de diffuser l’artérite virale au sein d’un réseau d’élevage.
Rappels vaccinaux et suivi sérologique chez le cheval adulte
Une fois la phase de primo-vaccination achevée, le cheval entre dans une période de “maintenance” immunitaire, où les rappels jouent un rôle central. Leur objectif est de stimuler régulièrement la mémoire immunitaire, afin de maintenir un taux d’anticorps protecteur suffisant contre les principales maladies ciblées. Dans la pratique, le calendrier des rappels varie en fonction des vaccins : annuels pour la grippe, la rhinopneumonie ou West Nile dans les zones à risque, tous les 3 à 5 ans pour le tétanos, selon les recommandations officielles et l’exposition de l’animal.
Chez certains chevaux à forte valeur sportive ou génétique, ou chez des individus présentant des pathologies chroniques, le vétérinaire peut proposer un suivi sérologique. Des prises de sang permettent alors de mesurer les titres d’anticorps spécifiques (par exemple contre le tétanos ou la grippe) et d’ajuster la fréquence des rappels au plus juste. Cette approche “sur-mesure” du calendrier de vaccination équine est comparable à un entretien personnalisé pour une voiture de collection : on ne se contente pas de suivre un manuel générique, on surveille réellement l’état de chaque composant.
Il reste toutefois important de rappeler que la sérologie n’est pas disponible ou pertinente pour tous les vaccins, et que l’interprétation des résultats nécessite une expertise vétérinaire. Dans la grande majorité des cas, suivre les recommandations de votre praticien et respecter scrupuleusement les dates de rappels suffit à assurer une protection optimale. Un simple mémo dans votre agenda ou une alerte sur votre téléphone peut vous aider à ne pas laisser s’écouler plus de 365 jours entre deux injections de grippe, condition sine qua non pour rester en conformité avec les règlements de compétition.
Contre-indications médicales et effets indésirables des vaccins équins
Comme tout acte médical, la vaccination comporte des limites et peut parfois être contre-indiquée. Un cheval présentant une fièvre, une infection aiguë, une maladie systémique décompensée ou un épisode de colique récent ne devrait pas être vacciné immédiatement. Dans ces situations, le vétérinaire commence par stabiliser l’état général avant d’envisager l’injection. De même, chez les chevaux sous traitement immunosuppresseur (corticoïdes à forte dose, par exemple), il convient d’évaluer le rapport bénéfice/risque et, si possible, de différer la vaccination.
Les effets indésirables les plus fréquents après un vaccin équin restent bénins : légère chaleur ou induration au point d’injection, douleur modérée, raideur musculaire transitoire. Dans 3 à 5% des cas, on observe une fièvre modérée, un abattement ou une baisse d’appétit durant 24 à 48 heures. Ces réactions correspondent à la mobilisation normale du système immunitaire et disparaissent spontanément sans traitement, hormis parfois un anti-inflammatoire prescrit par le vétérinaire pour le confort de l’animal.
Plus rarement, des réactions allergiques ou d’hypersensibilité peuvent survenir : œdème facial, urticaire généralisée, voire choc anaphylactique nécessitant une intervention d’urgence. Ces situations restent exceptionnelles, mais justifient une surveillance attentive dans les heures suivant la première injection d’un nouveau vaccin. Si votre cheval a déjà présenté une réaction forte, n’hésitez pas à en informer votre vétérinaire : il pourra adapter le protocole, changer de marque de vaccin, fractionner les injections ou prévoir un traitement préventif associé.
En pratique, les bénéfices de la vaccination l’emportent très largement sur ses risques potentiels. En respectant les contre-indications (jamais vacciner un cheval malade ou très affaibli), en choisissant des produits conformes et en confiant l’acte à un professionnel, vous minimisez au maximum les complications. Le calendrier de vaccination du cheval doit donc rester flexible : mieux vaut décaler une injection de quelques jours pour l’effectuer dans de bonnes conditions, plutôt que de vacciner un animal fiévreux qui répondra mal au vaccin.
Conservation et manipulation des vaccins selon les normes pharmacovigilance vétérinaire
Pour que la vaccination soit réellement efficace, il ne suffit pas de respecter les délais d’injection : encore faut-il que le vaccin lui-même soit correctement conservé et manipulé. La plupart des vaccins équins doivent être stockés au réfrigérateur, entre +2 °C et +8 °C, sans jamais être congelés. Une rupture de la chaîne du froid, même brève, peut altérer la structure des antigènes et réduire drastiquement l’efficacité du produit, voire augmenter le risque de réactions locales. C’est l’une des raisons pour lesquelles la vaccination du cheval doit être réalisée par un vétérinaire, qui maîtrise ces contraintes logistiques.
Avant l’injection, le vaccin est inspecté visuellement : absence de particules anormales, aspect homogène après agitation, intégrité du flacon et de la date de péremption. Le vétérinaire utilise ensuite du matériel stérile (aiguille et seringue à usage unique) et désinfecte soigneusement la zone d’injection, le plus souvent au niveau de l’encolure. Toute aiguille déjà utilisée ou flacon entamé depuis plus de quelques heures doit être éliminé selon les règles en vigueur pour les déchets d’activités de soins à risques infectieux (DASRI).
La pharmacovigilance vétérinaire impose également de déclarer tout effet indésirable grave ou inattendu lié à un vaccin : réactions allergiques sévères, abcès persistants, troubles neurologiques, etc. Ces signalements, centralisés au niveau national et européen, permettent d’actualiser en continu les données de sécurité des produits et, si nécessaire, d’adapter les recommandations d’utilisation. En tant que propriétaire, vous jouez un rôle clé dans ce dispositif : en observant attentivement votre cheval après chaque injection et en informant rapidement votre praticien de tout signe anormal, vous contribuez à améliorer la sécurité de la vaccination équine pour l’ensemble de la filière.